La violence en milieu sportif

 


Abus physique

L'abus physique est l’usage intentionnel de la force physique qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un préjudice réel pour la santé du jeune, sa survie, son développement ou sa dignité. Il peut aussi impliquer l'utilisation de méthodes d'entraînement inappropriées qui risquent d'entraîner ou d'aggraver une blessure. Ce type de violence est souvent plus visible ! [1; 5; 12; 41 E]
 
Exemples d'abus physique en milieu sportif 
    • Secouer, pousser ou frapper un jeune
    • Forcer l'athlète à s'entraîner malgré une blessure connue de l'entraîneur
    • Pincer l'athlète
    • Donner des coups de pieds à l'athlète
    • Infliger des entraînements supplémentaires qui mènent à l'épuisement ou qui rendent l'athlète malade
    • Demander à l'athlète d'exécuter des mouvements ou des gestes techniques trop difficiles pour ses capacités, demandes qui pourraient avoir des impacts négatifs sur sa santé.
                  

 Abus émotionnel

L'abus émotionnel est un comportement intentionnel répétitif, sans contact physique qui a le potentiel de causer des dommages émotionnels ou psychologiques à un jeune d’âge mineur. Un comportement sans contact inclut des actes de violence verbale, non verbale et physique. [1; 5; 15; 16; 18; 28; 39; 40]
 
Exemples d'abus émotionnel en milieu sportif
    • Crier des injures (exemple: jurons "sacres"), dire des choses méchantes ou faire des remarques humiliantes à l'athlète
    • Frapper ou lancer des objets (ex.: lancer un bâton de hockey, frapper une poubelle, etc.)
    • Menacer l'athlète de blessure physique ou prétendre de lui lancer un objet 
    • Expulser ou exclure l'athlète d'un entraînement
    • Rejeter ou ignorer volontairement l'athlète (ignorer systématiquement sa présence)
 

 Abus sexuel  

« Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne. »

Cette définition s’applique, peu importe l’âge, le sexe, la culture, la religion et l’orientation sexuelle de la personne victime ou de l’agresseur sexuel, peu importe le type de geste à caractère sexuel posé et le lieu ou le milieu de vie dans lequel il a été fait, et quelle que soit la nature du lien existant entre la personne victime et l’agresseur sexuel. [O]

L'agression sexuelle commise sur un enfant de moins de 18 ans constitue un abus sexuel, qui est une des formes de maltraitance identifiées dans la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ article 38). C'est lorsque l'enfant subit des gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, de la part de ses parents ou d'une autre personne et que ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation ou; lorsque l'enfant encourt un risque sérieux de subir des gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, de la part de ses parents ou d'une autre personne et que ses parents ne prennent pas les moyens nécessaires pour mettre fin à la situation. [E] Une personne en situation d'autorité (un entraîneur, un enseignant) ne peut commettre des gestes à caractère sexuel envers un mineur(Le consentement sexuel - Educaloi).

On retrouve aussi le harcèlement sexuel sur le continuum de l’exploitation sexuelle en sport de Brackenridge (2001), on le définit comme constituant une attention non désirée qui peut par exemple prendre la forme de menaces verbales ou écrites, de blagues sexuelles, de commentaires ou insinuations d’ordre sexuel, de graffitis sexuels ou homophobes, de remarques sexuellement intimidantes, de propositions, invitations ou familiarités. Les nouveaux moyens de communication (médias sociaux, textos, etc.) sont aussi utilisés pour faire du harcèlement. [13]

Exemples d'abus sexuel avec contact physique Exemples d'abus sexuel sans contact physique
    • Inciter l'athlète à se livrer à des attouchements sexuels ou à les subir
    • Proposer des échanges de faveurs ou de privilèges en retour de faveurs sexuelles
    • Embrasser l'athlète sur la bouche ou une autre partie du corps de l’athlète
    • Avoir une relation sexuelle avec l’athlète (orale, vaginale, ou anale)
    • Forcer l’athlète à avoir une relation sexuelle (viol)
    • Exhiber ses parties génitales devant l’athlète
    • Demander à l’athlète de se mettre nu ou de se dévêtir
    • Faire visionner des images ou des films sexuellement explicites
    • Faire des appels, envoyer des textos, des sextos, ou des courriels à connotation sexuelle
    • Utilisation d'Internet afin de communiquer en ligne avec des jeunes d'âge mineur et de les attirer hors de chez eux, dans un but sexuel, pornographique ou criminel
 

 

La violence entraîne de graves répercussions sur le développement physique, émotionnel et social des jeunes qui la vivent dans leur quotidien ou à l’intérieur de leur pratique sportive. Voici quelques manifestations de ces diverses conséquences :

Conséquences sportives Conséquences physiques et psychologiques Conséquences sociales
    • Diminution de la performance sportive
    • Abandon d’un sport
    • Difficulté à faire confiance aux gens dans un contexte sportif
    • Changement de sport
    • Absence aux entraînements
    • Manque de concentration
    • Entraînement compulsif
    • Augmentation du nombre de blessures
    • Problème nutritionnel
    • Problème de sommeil
    • Dépendance (alcool, drogue, et jeux)
    • Symptômes physiques divers (maux de tête, fluctuation du poids, problème gastro-instestinal, etc.)
    • Auto-mutilation
    • Problème psychologique (ex. : Trouble de stress post-traumatique)
    • Dépression
    • Diminution de l’estime de soi
    • Problème d’image de soi
    • Perte de liens familiaux
    • Problème du développement social
    • Suicide
    • Tendance à s’isoler
    • Difficulté à établir des relations sociales
    • Diminution de la performance académique
    • Problèmes de comportement
    • Absentéisme à l’école
    • Difficulté à faire confiance
Si une personne a des motifs raisonnables de croire qu’un jeune d’âge mineur est en danger, cette personne a une obligation légale de le signaler au directeur de la protection de la jeunesse (DPJ)[E]
 
Dans quelles circonstances un enfant est-il en danger?
 
    • L’enfant est abandonné
    • L’enfant est négligé
    • L’enfant subit de mauvais traitements psychologiques
    • L’enfant subit des abus sexuels ou il y a un risque sérieux qu’il en subisse
    • L’enfant subit des abus physiques ou il y a un risque sérieux qu’il en subisse
    • L’enfant a des troubles de comportement sérieux
 
Extrait de l'article de la Loi sur la protection de la jeunesse :
 
Article 39 : Tout professionnel qui, par la nature même de sa profession, prodigue des soins ou tout autre forme d’assistance à des enfants et qui, dans l’exercice de sa profession, a un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant est ou peut être considéré comme compromis au sens de l’article 38 ou au sens de l’article 38.1, est tenu de signaler sans délai la situation au directeur; la même obligation incombe à tout employé d’un établissement, à tout enseignant, à toute personne oeuvrant dans un milieu de garde ou à tout policier qui, dans l’exercice de ses fonctions, a un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant est ou peut être considéré comme compromis au sens de ces dispositions.
 
Signalement obligatoire : Toute personne autre qu’une personne visée au premier alinéa qui a un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant est considéré comme compromis au sens des paragraphes d et e du deuxième alinéa de l’article 38 est tenue de signaler sans délai la situation au directeur.

Signalement discrétionnaire : Toute personne autre qu’une personne visée au premier alinéa qui a un motif raisonnable de croire que la sécurité ou le développement d’un enfant est ou peut être considéré comme compromis au sens des paragraphes a, b, c ou f du deuxième alinéa de l’article 38 ou au sens de l’article 38.1, peut signaler la situation au directeur.
 
Secret professionnel : Les premier et deuxième alinéas s’appliquent même à ceux liés par le secret professionnel, sauf à l’avocat qui, dans l’exercice de sa profession, reçoit des informations concernant une situation visée à l’article 38 ou 38.1.
 
L’intimidation se définit ainsi : « Tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, de blesser, d'opprimer ou d'ostraciser. » [M] (MEES)
 

Les jeunes victimes d’intimidation souffrent, peuvent être apeurées et avoir tendance à s’isoler. Les jeunes peuvent aussi vivre un grand malaise lorsqu’ils sont témoins d’intimidation. En tant qu’accompagnateur de ces jeunes, vous devez agir lorsque vous êtes témoin ou êtes informé de situation d’intimidation.

Comment puis-je intervenir?

 

Physique

Verbale*

Sociale*

Matérielle*

    • Faire trébucher quelqu'un
    • Bousculer quelqu'un intentionnellement
    • Contraindre quelqu'un à faire quelque chose
    • Frapper quelqu'un
    • Perpétrer une agression de nature sexuelle
    • Etc.
    • Insulter, ridiculiser ou se moquer de quelqu'un
    • Menacer quelqu'un
    • Faire des remarques sexistes, homophobes, transphobes ou racistes
    • Faire des remarques discriminatoires basées sur l’âge ou sur d’autres caractéristiques personnelles
    • Faire des commentaires à connotation sexuelle
    • Etc.
    • Propager des mensonges ou des rumeurs à propos de quelqu'un
    • Dénigrer, humilier quelqu'un
    • Regarder quelqu'un de manière méprisante ou menaçante
    • Isoler, exclure quelqu'un
    • Etc.
    • Détruire quelque chose
    • Vandaliser un endroit
    • S’approprier le bien d’autrui (y compris, par exemple, des images intimes dans le cyberespace)
    • Etc.
 
* Peut aussi s’effectuer par l’entremise des technologies de l’information et de communication tels les réseaux sociaux, les textos, les blogues, les sites Web, etc.